Le château d'eau : Architecture et Paysage.

L.-F. Genicot - L'unité dans la diversité : La Belgique des châteaux d'eau © ANSEAU 1991

Architecture

Silo banal, masse inerte, "tour hydrocéphale" sans intérêt ? En dépit de son rôle indispensable dans la vie quotidienne, le château d'eau, il est vrai, reste souvent considéré d'un oeil paradoxalement distrait ou désobligeant. A beaucoup il apparait ordinaire, contraignant, disgracieux, sinon franchement laid et encombrant.

Un vieux débat : la problématique de la forme - fonction

A la réflexion, il pose la question du beau et du vrai en architecture. A sa manière. Il devient ainsi un possible sujet d'analyse du conflit entre l'utilitaire et le beau, entre la fonction et la forme.

L'éternel débat entre les implications du programme à bâtir et son expression plastique est, en ce qui concerne la période en cause, posé au sein du groupe anglais Arts and Crafts dès 1882, se retrouve chez O. Wagner et A. Loos lors de la Sécession viennoise en 1897, puis chez H. Van de Velde à Weimar en 1902, rebondit avec la fondation du Bauhaus et le manifeste de W. Gropius en 1919, passionne à partir de 1928 les membres des premiers Congrès Internationaux d'Architecture Moderne (CIAM) où théorise Le Corbusier.

"La beauté par la vérité" n'y dit rien d'autre que l'adage devenu plus célèbre de "la forme suit la fonction".

A cette époque, en réalité, la querelle entre ingénieurs et architectes est quasiment vidée. Mais elle avait été parfois vive. Elle avait durement opposé les constructeurs qui se formaient dans les instituts aux leçons de la technique, et les architectes qui reproduisaient dans les académies les canons d'un art officiel. Leurs idées respectives mirent du temps à se rapprocher, ensuite à s'amalgamer. Et d'autant plus, en l'occurrence, qu'il s'agissait d'ouvrages, comme le château d'eau, qui n'étaient point censés relever du domaine de l'architecture ou de l'art de bâtir. Le château d'eau restait foncièrement affaire d'ingénierie spécialisée. Sa technicité laissait les architectes ordinaires impréparés à sa résolution.

Sans doute est-il symptomatique que dans le monde, fort peu d'architectes de renom en aient conçu, - et en région wallonne d'autant plus par exemple, que la multiplicité de très petites sociétés des eaux n'y prédisposait guère - et qu'il ait fallu attendre l'après-deuxième-guerre pour que cette typologie particulière, par le biais surtout de la sitologie et de l'attention au prospect, trouve une place dans les exercices moins anormaux des écoles d'architecture mêmes.

Du reste, l'historiographie révèle bien que, hormis l'une ou l'autre exception d'autant plus notoire, les préoccupations qu'on déclare directement relatives à "l'esthétique" et à l'architecture des châteaux d'eau ne sont pas antérieures aux années cinquante et suivantes. C'était tard tout compte fait, à l'endroit d'une production qui avait déjà 70 à 80 ans d'existence au moins ! Alors seulement, au cours de cette phase d'intense activité constructive, les compagnies et les administrations concernées ont "officiellement" affronté le problème et recherché des solutions acceptables. Leur réflexion coïncide avec la contestation généralisée du fonctionnalisme - le dernier CIAM se dissout en 1959 dans la confusion. Elle traduit la crise ambiante et accompagne la réforme qui se manifestera un peu plus tard, dans tous les secteurs du bâtiment, sous divers labels : intégration, post-modernisme, valeurs patrimoniales, culturalisme, etc.

Il serait malvenu sur ce plan de soutenir que tous les châteaux d'eau de nos provinces offrent une facture attrayante. De surcroît, concédons d'emblée que le patrimoine belge en la matière ne peut s'enorgueillir de ces extraordinaires monuments de l'éclectisme dont certaines municipalités firent un jour les honneurs à des villes d'Allemagne ou même des Pays-Bas. Le patrimoine belge est, en effet, plus conventionnel et limité, moins dispendieux et relativement peu spectaculaire.

Son évolution typologique a été soigneusement retracée ailleurs dans ce livre. Au-delà de son savant découpage - et sans nier la complexité du programme constructif - la lecture de ce chapitre sera plus architecturale ou formelle, que technique ou fonctionnelle. Elle ne retiendra pas le nombre assez considérable de sous-variantes, au demeurant plus ou moins réussies, qui jalonnent le développement du genre. Elle s'attachera plutôt à des témoins dont le choix illustrera l'écart ou la conformité, le particularisme ou la banalité des châteaux d'eau, vis-à-vis des fluorations "stylistiques" contemporaines de l'architecture entre 1880 et 1980 en gros. Il serait heureux d'en connaître les auteurs en vue d'apprécier le rôle personnel de tel ou tel dans l'évolution possible de la typologie, mais c'est rarement le cas.

Quelques mots sur l'intégration paysagère achèveront le panorama.

Mais revenons en arrière et reprenons les choses à leur début, avant d'en suivre les péripéties les plus significatives à notre point de vue. 

Au départ, l'utilitaire

Selon l'état des exemples "in situ", tout commence autour de 1880 sur le mode strictement fonctionnel, réduit à l'essentiel et aux matériaux industrialisés moins coûteux que sont la brique et la tôle d'acier. C'est le type "archaïque" en vigueur spécialement aux chemins de fer, où il se répétera assez longtemps par exemple à Charleroi (1915), Ostende (1920), Bruges (1922), Ronet (1931), Marchienne (1945) ou même Malines-ateliers (1946). l'adoption ou la substitution d'une cuve en béton (type lntze), en moyenne à partir de 1920 - 1925, ne modifiera pas nécessairement cette silhouette familière avant la disparition de la traction à vapeur vers 1950-1960. Mais on le rencontre aussi chez des particuliers, notamment des horticulteurs, et dans certaines villes : il en survit de pareils à La Cambre (1880), Gand (1881), Liège (1886 et 1895) et Tongres (1903) et il s'en trouvait d'autres à Châtelineau (1896) et Jodoigne (date?).

La construction en est économique et sans fard. Elle montre la fonction à l'état brut ou quas. A peine l'une ou l'autre ouverture, traitée en pierre bleue, un bandeau ou un boudin de raccord sous la cuve évoquent-ils l'académisme de circonstance. Dans le secteur public, en effet, le néo-classicisme prévaut encore amplement, lorsqu'il est question d'édifier un hôtel de ville, une gare, un marché, une école, etc. Il s'applique à l'époque d'ailleurs à une majorité d'usines et de bâtiments de l'industrie, dont relève somme toute la conception du château d'eau jusque vers 1900. Rien de surprenant dès lors à ce que ce dernier soit exclu de l'ordre architectural et que, si d'aventure il l'est un peu, ce le soit en termes convenus de néo-classicisme au sens large. L'adaptation du château d'eau de 1895 à Blankenberge est indicative: la cuve métallique, posée à l'air libre sur un pylône de pierre et brique au goût vaguement éclectique, sera remplacée et dérobée derrière une nouvelle superstructure en béton

Place de l'éclectisme ?

Pour le reste, l'éclectisme ne triomphe guère, loin s'en faut, en tout cas dans ce domaine ! Curieusement sans doute, le mouvement néo-gothique ou plus généralement néo-médiéval, pourtant redevenu fort actif chez nous après 1863, spécialement dans le secteur religieux il est vrai, ne se répercute presque pas sur le thème du château d'eau, alors que son volume turriforme se prêtait à recevoir l'impact d'une imagerie de "château"... fort. Des manifestations ponctuelles s'en perçoivent pourtant, à la citadelle de Namur (1913) et au boulevard de Bruges (1922-1925). La première, en calcaire local de Meuse, mélange éclectisme diffus et allusion au donjon; la seconde, tout en brique, matériau traditionnel des Flandres, est imaginée à la façon d'une tour d'enceinte de la vieille Ville. Sa montée vers la cuve, déportée dans la tourelle en encorbellement, y est bien exploitée à la façon d'une échauguette. Mais elle ferait illusion ailleurs, car sa présence comme, dans une moindre mesure, l'usage d'une cuve en saillie ne suffisent pas à gratifier la bâtisse d'une connotation historiciste : les ouvrages de Grâce-Hollogne (1912), Embourg (1922) ou Xhovémont (1929) n'ont rien de proprement éclectique.

L'ancien réservoir d'Ypres, dessiné avec finesse par l'architecte E. Temmerman en 1896, ajoutait au décor de son appareil de brique une série de motifs d'allure néo-gothique : porte, baies géminées ou en quatre-feuilles, arcatures brisées, couronnement. Celui d'Ostende (19.. ?) vaut également comme témoignage de l'emprise, au moins partielle, du courant éclectique sur quelques réalisations du genre.

Une mention particulière revient encore dans ce contexte au château d'eau érigé en 1904 sur les plans de l'architecte tournaisien Paul Clerbaux à l'institut des Frères de Passy-Froyennes (aujourd'hui, école Saint-Luc à Ramegnies-Chin). Son détail est d'inspiration médiévalisante, ainsi que le sont la silhouette générale et la coiffe abritant une cuve en zinc de 40 m³.

Malgré sa date de 1919, le château d'eau en béton (détruit) que le patron Arthur Brancart destinait à l'alimentation privée de la cité de la marbrite à Fauquez (Virginal-Samme), serait le seul, avec celui, également privé, de Tour et Taxis, à connaître l'impact de "l'Art nouveau". Constatation étonnante de prime abord, lorsqu'on sait la faveur de ce dernier à Bruxelles, renommée en tant que "capitale" du mouvement; mais révélatrice d'autre part de la faible interférence entre l'intention de ces "ouvrages d'art" - locution euphémique en plus d'une circonstance! - et les flux stylistiques de l'architecture qui s'ébroue au sortir de l'académisme ambiant... 

Un premier déguisement - bardage et Cies

La version primitive du château d'eau ne connait guère de transformations susceptibles de lui conférer une tournure plus "acceptable" dans la ville en cours de mutation profonde. Au mieux, dans un premier temps, un bardage de bois vient-il masquer l'aspect vulgaire du réservoir en métal. C'est le cas à Châtelineau (1896) et très probablement à Liège (1886 et 1895) avant la pose d'un nouveau bardage en PVC. Mais la cuve à ciel ouvert est restée d'usage au même moment, par exemple à Blankenberge (1895) ou à Fleurus (1899). Le simple bardage est remplacé bientôt par une maçonnerie d'enveloppement, - ses raisons techniques ne sont pas négligeables -, dont la position, ajustée au volume du pied, donne lieu, soit à un ensemble d'allure cylindrique, encore pesant mais plus cohérent dans sa physionomie, où des touches occasionnelles participent toujours de l'optique néo-classique; soit à une espèce de colombage métallique, hourdé de brique, héritier plus ou moins direct du charpentage en fer que les serres (Kew, 1844 sv.), halles (Crystal Palace, 1850), ponts (Bristol, 1830-1831 ; etc.) et tours (Eiffel, 1889) avaient déjà multiplié à travers la nouvelle Europe. Dans les deux formules qui indiquent une même tendance à l'emballage de la cuve, des effets chromatiques résultent de la mixité des matériaux ou, mieux, de l'emploi, laissé d'ailleurs, semble-t-il, au choix du bâtisseurs, des briques émaillées qui connaissent du succès vers la fin du 19e siècle. Ces procédés s'observent en Belgique entre 1901 et 1910. En effet, à Vilvorde, d'après une carte postale oblitérée en 1901, la cuve était enrobée d'une structure métallique de plan octogonal, ornée de motifs en briques vernissées, le tout posant sur un pylône ajouré en fer également. D'autre part, les anciens châteaux d'eau de Soignies et de Braine-le-Comte, conçus en 1909, portaient un jeu chromatique de briques (sans émail ?). Deux bons exemples du genre, d'ailleurs classés comme monuments en 1990, subsistent à Braine- l'Alleud depuis 1906; un autre également à Haine-Saint-Paul (date?). Celui de Turnhout (1902) leur est apparenté. Déjà toutefois, ils déclament leur chatoyante expression dans ces étonnants châteaux d'eau, par ailleurs plus ou moins néo-gothiques, qui sont venus équiper les gares dAnvers en ou vers 1898.

Ils ont assurément quelque chose d'un alibi architectural. Il n'empêche qu'ils traduisent une certaine prise en considération de l'impact paysager du château d'eau et optent dans ce but, grâce au bardage, pour une dissimulation partielle de sa fonction, alors que la distinction pied-cuve du réservoir surélevé l'exprimait jusque là sans ambage.

Avec le béton, retour (provisoire) à la construction

Ce matériau inédit, fruit d'expériences successives et d'études théoriques durant une bonne quarantaine d'années, avait commencé véritablement à se répandre au tournant du siècle. Des ingénieurs, ses "parrains" en somme, s'en saisirent aussitôt pour concevoir des châteaux d'eau dont la facture allait évoluer assez vite. Rappelons au passage que le modèle de la cuve métallique, breveté en 1883 par le professeur aixois Otto lntze (1843-1904), fut adapté dès 1898 au béton armé par Edmond Coignet.

L'idée était d'employer le matériau nouveau, plus économiques et prometteur, selon sa logique propre et sans souci esthétique autre que celui qui découlerait, le cas échéant, de son usage correct et franc. Résultat ? Dans son principe, une ossature apparente de poteaux organisés sur plan circulaire ou polygonal, et de poutres d'étrésillonnement disposées en deux ou trois ceintures d'après la hauteur du pylône, élève la cuve cylindrique qui parait comme déposée sur elle avec une saillie. Cette structure rationnelle, dépouillée d'artifice et d'émotion, apparait à Fosses-la-Ville dès 1902. Elle restera en usage dans les décennies suivantes, avec plusieurs variantes, au point d'être devenue presque emblématique du château d'eau aux yeux du grand public et dans l'imaginaire enfantin. D'autant que la cuve est demeurée surplombante tout un temps, et qu'elle le redeviendra ultérieurement.

D'autres exemples précoces d'oeuvres en béton armé se voient en Brabant à Waterloo (1904 ?), Forest (1904), Ohain (1906-1907), Ixelles (1909), etc., ainsi que dans la ville hennuyère de Thuin (1905). Cependant, et fort tôt, pour des motifs techniques puis également visuels, un remplissage des interstices de l'ossature est maçonné à l'aide de briques, peintes ou non. Sans doute ne modifie-t-il pas immédiatement la volumétrie, mais il induit une disposition qui tendra vers la forme en colonne univoque. Malgré l'ampleur du bâti, le traitement de son armature, sa sveltesse, sa rugosité ou la physionomie de son réservoir supérieur - pour autant qu'on le perçoive! -, le type de base ne subit guère d'aménagements vraiment intéressants sous l'angle architectural avant longtemps. Il s'est propagé dans tout le pays, y compris à la SNCB depuis les années vingt et dans le privé, comme autant de variations sur un thème connu, péchant souvent par facilité ou par défaut d'inspiration. La modélisation reproductible en était sans doute moins dispendieuse. Il faudra donc attendre l'après-guerre pour qu'on le délaisse et repense, à la lumière d'autres paramètres, le pseudo-camouflage qui détournait l'attention de la trop fréquente indigence du concept monumental. Quelques exceptions néanmoins corrigent l'impression générale de morosité. 

Les Grondel

Quoiqu'elles relèvent d'une même morphologie, quelle différence entre une construction pauvrement rationnelle (60 m3) en béton, qui sent le brutalisme au moindre coût, comme celle déjà citée de Stierlinsart (1902) à Fosses-la-Ville, et les ouvrages à peine postérieurs des frères Grondel, "ingénieurs-constructeurs" à Gand. Leur firme en a produit plusieurs entre 1907 et 1914 selon le système Hennebique (brevet de 1892). Une recherche spéciale devrait s'orienter, s'il en est encore temps, vers les archives de la maison Grondel. Celle-ci pourrait avoir construit les 8 châteaux d'eau suivants: Zeebruges 1907; Hasselt 1910 et 1911; Saint-Marc 1913; Bonsecours avant 1913; Saint-Gilles-lez-Liège 1914; Hechtel (Bourg-Léopold) 1923; Malines 1925; Saint-Ghislain sans date connue. Tous expriment la fonction, certes, en dissociant clairement la cuve saillante du pylône en poutres apparentes. Mais la conception des articulations majeures du projet (socle, consoles et amortissement) et le soin de la mise en oeuvre du béton (enduit ou peint) leur confèrent une note d'élégance qui renvoie aux inflexions et à la finition des bâtisses de l'Art nouveau. Retenons-en principalement les ouvrages de Hasselt (1910 et 1911), Saint-Marc à Namur (1913) et Saint-Gilles à Liège (1914). Ce dernier se caractérise depuis 1930, par une rampe d'escalier en ciment armé assez monumentale, qui démarre entre de rares figures de poissons emblématiques. 

Les arts déco

D'autres ouvrages composent avec une influence des arts déco. Ils ne sont pas légion. A part celui de Chaumont-Gistoux en 1923, qui apparent ici "précoce", les autres se concentrent sur les trois ou quatre années précédant la seconde guerre. Il s'agit surtout de Sart-Dames-Avelines et Boom (1936), Quevaucamps (1937), Brasschaat, Herve, Manage, Overijse et Eeklo (1938). Dans une expression plus limitée, signalons La Bouverie (1937) et Wépion (1938) qui sont presque jumeaux de celui de Pâturages. S'y dénote d'une certaine manière le jeu nécessaire des divisions horizontales et verticales que le volume cylindrique ou polygonal duchâteau d'eau mettait en évidence sur l'enveloppe de béton armé autour des années 1930 (Fléron, 1929, Quenast, 1931, ou MontegnéeThyba, 1935, notamment). Mais cette fois, les effets décoratifs et structurels se combinent avec docilité, s'enrichissent mutuellernent, sans effacer le partage fonctionnel des composantes habituelles. Des touches ornementales rehaussent l'entrée, une balustrade, ou l'amortissement. Ainsi, aux lignes ascendantes d'épaulement du fût s'opposent les bandes de ceinture de la cuve, principalement à son point d'évasement. Or, l'intervention d'architectes est attestée pour certains : F Henne à Chaumont ou R. Foucart à Sart-Dames-Avelines par exemple. Mais l'appartenance d'autres exemplaires à la Société centrale indique aussi qu'un relatif consensus s'est alors dégagé en faveur d'une véritable architecture du château d'eau. Vraisemblablement l'annonce du conflit mondial est-elle venue enrayer un mouvement qui aurait pu être plus généreux, et dont un écho seulement survivra occasionnellement après coup (Ransart, 1952, e.a.). Complémentairement, il est vrai, des détails d'huisseries métalliques retiennent l'attention çà et là. Ils portent aussi l'empreinte des "arts déco" dont les effets en ce qui les concerne, se prolongèrent bien au-delà de l'exposition-phare qui devait en 1925, à Paris, en consacrer avec retard la prétendue modernité. Des exemples en témoignent chez nous jusqu'en 1938 en tout cas. Ils seront relayés par une géométrie au dessin à peine renouvelé, qui sent le cubisme attardé, quoique sans désagrément.

Signalons, dans le même cadre chronologique, les structures montées en blocs "Monnoyer", du nom d'un entrepreneur belge qui aurait introduit, peu avant 1900, des éléments préfabriqués en béton armé. Par le serrage plus ou moins important du ciment, les claveaux s'assemblent en respectant toute courbure du talutage, en particulier du pied. Il en résulte un aspect cotelé, comme un fût cannelé, dicté par la succession des nervures convexes des pièces autour du corps de bâtiment. Outre des cheminées et des tours de refroidissement, divers châteaux d'eau, notamment d'usines, en montrent l'emploi, ea. à Saint-Nicolas (1913), Zeebruges (1919) ou Dampremy (1922 et 1928). La mise en oeuvre introduisait donc une rythmique verticalisante, qui n'est pas sans intérêt du point de vue formel. Mais on semble bien ne s'en être servi qu'assez peu de temps (jusque vers 1937?).

Régionalisme et intention esthétique

Des revendications au profit d'une révision de l'état général de la typologie se font jour dans les années cinquante, en particulier chez des responsables des services techniques provinciaux de la Régie des Bâtiments. Sans remettre vraiment en cause la formule antérieure, elles visent à intégrer davantage la construction dans son cadre rural et pour ce faire, à lui donner une tournure "régionaliste" ou vernaculaire, spécialement par la réduction du volume, la mise en oeuvre de pierres naturelles et la pose d'une toiture plus "authentique". Des plans types en sont élaborés, puis "imposés" aux auteurs de projet en même temps qu'un cahier des charges adéquat. Ainsi, le cahier spécial des charges de 1953, établi comme formulaire par le Service Technique Provincial namurois, prévoit en son chapitre 1, article 3 : "l'entreprise comprend l'établissement d'un château d'eau couvert en moellons bruts sans assises régulières ou en béton avec parement en moellons bruts, un soubassement en moellons équarris en assises réglées ou non. Le château d'eau aura une section ronde en forme de tour, l'aspect imposé tel que prévu au plan (...) en s' inspirant de l'avant-projet joint au présent cahier des charges"; et il ajoute plus loin au chapitre 11, article 1 : "Pierre de taille: sera de l'espèce dite petit granit, marbre ou calcaire provinciaux de qualité supérieure, deteinte uniforme, taillée aux fins ciseaux sur toutes les faces vues". Ces documents émanent e.a. des architectes L. et L. Stenne de Verviers, qui en diffusent le modèle "rustique" à travers l'Entre-Sambre-et-Meuse entre 1953 et 1957. Dans la foulée, des exemplaires d'une veine apparentée se repèrent en provinces de Liège et de Luxembourg peu après. Sans l'incitant de directives officielles d'un même genre, l'architecte G. Boghemans a utilisé la brique jaune, de nature traditionnelle, pour la maçonnerie d'enveloppement de quelques châteaux d'eau flandriens, par exemple Tielt, 1956, ou Gullegem, 1958. Tous témoignent, à l'heure où le dernier des CIAM (1959) sonne le glas du "modernisme", où croit le nombre des secondes résidences, où s'accuse un regain d'intérêt pour la ruralité, d'un refus de la morphologie étroitement fonctionnaliste qui avait largement prévalu avant. On notera que l'engouement pour "l'architecture sans architectes" sera totalement développé par G. Doyon (1969), A. Rapoport (1972), B. Rudofsky (1977), H. Mendras (1980) et d'autres; chez nous, il l'est par J. François en 1972.

D'autres manifestations du même ordre se retrouvent dans les interrogations qui se multiplient au sujet de l'esthétique des châteaux d'eau, comme il a déjà été démontrés, et dans le "virage" qu'amorce alors la SNDE elle-même. Le poids de cette dernière, où le rôle de l'ingénieur Hennig s'est avéré moteur, n'est pas mince en effet puisqu'elle a la charge, directe ou non, d'une quantité appréciable de chantiers à un moment de haute conjoncture et d'accroissement spectaculaire du nombre des châteaux d'eau.

La nouvelle ligne de conduite y est claire : place à l'architecture! L'un de ses directeurs, R. Hennig (†1981), résumait comme suit les mots d'ordre régnant alors à la SNDE : passer "inaperçu", ne pas agresser le paysage; faire de l'architecture en excluant les formes et profils "heurtants" et en habillant la bâtisse dans l'esprit d'une tour. Et de citer à l'appui l'exemple de Néchin (1955) ou celui de Tourinnes-Saint-Lambert (1959). Aussi bien, éviter la distinction classique des deux composantes essentielles que sont la cuve et le pied, la démonstration du béton apparent et, tout compte fait, une expression trop crue de la fonction, doit-il susciter une autre valorisation du château d'eau (mais en est-ce encore un?). Et ce sera vrai dans les meilleurs cas. Celui-ci se mue en une tour monostyle, en maçonnerie, le plus souvent de brique, qui vaut par sa muralité, sa texture, parfois sa tonalité. Il bénéficie d'un rapport de proportions mieux étudié, il reçoit une aigrette sommitale qui affine son profil d'ensemble. Dans la mesure du possible s'y ajoute un souci de discrétion monumentaliste, voire un accompagnement arbustal destiné à mieux asseoir l'ouvrage sur l'horizon naturel. Simultanément, les réminiscences historiques quittent le répertoire principal. Mais l'occultation du programme intérieur, derrière un manteau en quelque sorte gratuit, neutralise la création architecturale profonde et risque l'impasse : est-il sain et opportun d'ainsi masquer la raison de l'objet bâti?

Retour au béton: une architecture d'ingénieurs

Grâce au ciel, en un sens, le béton revint!

Les progrès dans la maîtrise et dans l'exécution de la précontrainte, comme dans les moyens de levage, le contexte des Golden Sixties lorsque tout semblait permis, ainsi qu'une critique plus acerbe des détournements de sens qu'avait connus la typologie normale, eurent bientôt raison de la phase, en bonne partie atonique, avouons-le, du camouflage.... D'autant que le surcoût de cette maçonnerie non portante grevait les budgets fort désavantageusement.

Retour dès lors vers une composition plus expressive, s'accompagnant d'une recherche nettement plus riche qu'auparavant. C'est l'âge, à travers le monde des grandes entreprises, de stades, aéroports, viaducs, salles de spectacle, etc., avec leurs plans en ellipse, voiles minces, coques autoportantes et arcs paraboliques, le tout en précontrainte, signés par les Nervi, Tange, Frei, Trabert, Utzon et autres. Bref, un moment d'intense production au cours duquel les auteurs de projet, ingénieurs et architectes désormais confondus, prêtent une attention soutenue au tracé de la silhouette, aux subtilités de la mise en oeuvre, à la rigueur du concept.

Une autre philosophie est dans l'air et la thématique du château d'eau en subit formellement l'heureux contre-coup. On est en Belgique entre 1955 et 1965, si l'on excepte quelques signes avant-coureurs. Le revirement est contemporain de la survivance, provisoire, du type à "tour" monocylindrique en matériaux traditionnels. Pour autant, la simultanéité ne doit pas surprendre trop : le glissement idéologique est progressif, le cheminement des acceptations parfois laborieux.

Sans doute les expressions de nos châteaux d'eau varient-elles. Leur éventail se déploie. Elles vont pour l'essentiel de l'ouvrage encore modeste, simplement posé sur une couronne de piliers entre lesquels se tendent des arcs; au-delà du simple cylindre en béton armé montant de fond, version "modernisée" (?) du modèle turriforme en maçonnerie, comme à Sibret (date?) ou Mabompré (1955) par exemple, ou encore du simple parallélipipède dressé sur le sol, comme à Nivelles (1957) ou à Perwez (1965), se range le type sur arcades basses qui a livré des exemplaires vers 1952, spécialement dans la province de Liège (exemple à Soheit- Tinlot). D'autres expressions passent par l'édifice où la cuve est franchement hissée sur une évidente série de poteaux entretoises (sorte de version "épurée" du système Grondel de cinquante ans antérieur). D'assez belles réalisations existent à Limal (projet de 1964), Rixensart (1959), Seneffe (1981) et dans la série comprenant Haasrode (1975) et Hannut (1976) avec leur cuve "canneléeé au revêtement en pierre reconstituée. Et elles vont jusqu'à ces profils en "champignon" où le pylône monopédiculé s'élance, non sans grâce, vers une cuve, souvent tronconique, qui évase ses parois dans l'aisance de bonnes proportions.

Au fil de la décennie suivante, des projets inventifs donnent lieu à des réalisations à part, parfois plus étonnantes que véritablement belles. S'y rangent en particulier le diabolo (double réservoir) de Mont-sur-Marchienne (1973), la cuve correctement plate de Vilvorde (1978), le réservoir en tronc de cône renversé de Sint-Amands (1980) ou la cuve en coupole de Pont-à-Celles (1984).

Une émulation positive, spécialement auprès des grosses sociétés distributrices, a par conséquent planté dans nos paysages les plus récents un arsenal de constructions en béton armé réellement intéressantes. Il est permis de croire qu'elles assurent au château d'eau un avenir, non point technique - car c'est acquis - mais architectural, qui n'a pas fini d'interpeller. Mais quant au post-modernisme, rien jusqu'ici!

La parenthèse de l'acier

Une autre démonstration de l'ingénierie savante - fondée notamment sur les progrès dans le domaine de l'aérospatiale, via la NASA par exemple - est fournie par la courte génération des châteaux d'eau construits totalement en acier. Elle s'est manifestée principalement dans les parcs industriels, alors en vogue, de 1959 à 1975, avec une pointe de 65 % entre 1968 et 1972. Les "Ateliers de Construction de Jambes" à Namur s'en étaient fait une spécialité parmi d'autres secteurs du génie civil et de la haute mécanique; ils en ont produit 21 exemplaires.

Malgré certains avatars, imputables surtout au flambage instantané lors de la délicate opération de la "mise sous eau", le genre offrait sous l'angle financier une compétitivité non négligeable aux solutions en béton. Pourtant, il a été davantage exploité à l'étranger, aux Etats-Unis e.a., et il y a donné lieu à des groupes combinés de réservoirs en hauteur, qui ont de l'allure.

Chez nous, les meilleures réalisations appartiennent au type monotubulaire (avec cuve d'une capacité maximum de 2000 m³), spécialement à Seneffe (1971) et à Rhisnes (1975). La production en a été interrompue assez brutalement pour des causes diverses, où des considérations de concurrence n'étaient pas absentes.

Il y a dans cette série une logique parfaitement représentative d'une juste démarche technologique. La franchise du parti et du matériau, la rigueur quasi millimétrique du façonnage et la précision des ajustages débouchent en plusieurs occasions sur une qualité visuelle supérieure à celle qui s'observe avec d'autres moyens. Le profil y vaut par une sveltesse de port qui exalte la sphéricité plus ou moins comprimée de la cuve. La brillance de l'aluminium n'énerve pas forcément les abords; elle joue avec les reflets du ciel et ajoute une connotation esthétique indéniable à l'objet construit. La séduction induite par le Hi Tech y est apparentée.

L'architecture en somme n'en est pas tellement éloignée de celle que les protagonistes du béton promeuvent dans le même temps. De part et d'autre, une vérité est née de la nouvelle reconnaissance, ou de "l'aveu" bénéfique, de la destination de l'ouvrage, ainsi que de l'emploi correct du matériau choisi à cette fin.

De part et d'autre, une architecture s'est épanouie dans et à travers la construction: l'art de l'ingénieur rejoint alors les aspirations de l'architecte.

Un objet dans l'environnement 

Il reste évident qu'en bien des circonstances, l'inscription du château d'eau dans son paysage puisse faire problème et qu'on en soit amené de nos jours, soit à travestir la fonction pour l'y estomper (ouvrage existant), soit à concevoir d'emblée l'édifice dans son site d'avenir (ouvrage à construire), soit encore à combiner les deux impératifs.

Les réactions, en effet, peuvent être vives à l'encontre d'un château d'eau ! En voici trois à titre d'exemples. Dans le cadre du concours de 1939, le célèbre Auguste Perret (1870-1954) fustige le genre en des termes plutôt caricaturaux : "Depuis un siècle, les châteaux d'eau, verrues de béton montées sur pied, défigurent le paysage et occupent, à côté des gares, des gazomètres et des silos à blé, une place de choix au musée des horreurs architecturales".  Lors de l'installation d'un ouvrage nouveau à Wépion en 1981, un éditorialiste introduisant "l'intrus"...  s'exclame: "Nouveau venu sur le plateau qu'il crucifie de son élan insolite, le château d'eau de la Taille aux Joncs - puisqu'il faut bien l'appeler par son nom - ne décrochera pas, c'est sûr, les palmes de la commission des Sites Mosans et champêtres". Plus tôt déjà, des cartes postales de l'ancien château d'eau de Berchem-Sainte-Agathe stigmatisent ce "champignon utilitaire" en ironisant: "Les architectes ont beau s'évertuer mais un château d'eau gâtera toujours le site où il s'élève. Heureusement, celui qui figure sur cette carte postale appartient déjà au passé".... Alors quoi?

C'est que par la force des choses, un château d'eau se voit! Son principe même de fonctionnement - gravitation naturelle oblige, pour la distribution - l'impose sur une élévation, une crête, une pénéplaine, bref en un point haut du paysage urbain ou rural. La meilleure illustration en est sans doute livrée par la concentration des châteaux d'eau que les communes de la périphérie de Liège ont choisi d'ériger sur les hauteurs de Sainte - Walburge en trois quarts de siècle : pas moins de 5 ouvrages y ont été groupés entre 1886 et 1968 dans un rayon n'excédant pas 300 m ! Les collines cernant la "corbeille" de Namur portent ceux de la Citadelle (1913), Saint-Marc (1913), Belgrade (1923) et Erpent (1932 et 1980). Le nouveau château d'eau de Braine-le-Comte (1979) englobe carrément l'ancien (1909); à Châtelineau, celui de 1959 a éliminé l'ouvrage de 1896; etc. Partout, le site dicte ses règles. Le château d'eau les suit; son repère est quasiment immanquable! D'autant qu'au fil des décennies de progrès technique et de consommation accrue, ses dimensions ont grandi. Sa silhouette, quelle qu'en soit la qualité propre, est devenue l'une des composantes si normales de notre environnement visuel qu'on ne songerait plus à s'offusquer de sa présence. La monotonie engendre l'inattention... 

L 'un ou l'autre d'entre eux fait ou fit office de belvédère (par exemple à Heist-op-den-Berg, 1956, à Battice, projet de 1962, ou à Philippeville, 1970). N'assure-t-on pas que celui de Dorinne aurait été terminé pendant la deuxième guerre pour servir d'observatoire aux troupes allemandes en Condroz? N'était le danger d'en ouvrir les portes à tout un chacun, nombre de châteaux d'eau pourraient offrir effectivement des possibilités analogues dans le contexte du tourisme public.

Cela dit, tout n'a pas été négatif jusqu'ici. Diverses réalisations plus ou moins anciennes possèdent un caractère véritable d'ouvrage d'art - après tout, celles de l'âge "néo" le visaient à leur mode ! D'autres bénéficient d'un regard bienveillant depuis que les préoccupations de l'archéologie industrielle ont reçu meilleur accueil. D'autres encore témoignent plus directement du souci de leur conférer une physionomie "esthétique". Mais enfin, tout ceci n'implique pas d'office que l'intégration soit réussie ou simplement acceptable. Une réflexion axée sur cet aspect des choses, on l'a vu, n'a émergé par paliers qu'au cours des vingt-cinq dernières années.

Des essais sont donc tentés ponctuellement en vue de mieux fondre le château d'eau dans son cadre naturel ou bâti, ou, à l'inverse, de l'y distinguer sciemment en exploitant son particularisme dans l'ordre architectural ou artistique.

Ne parlons pas à cet égard du gag de la cafetière américaine ou de la House on the Clouds anglaise de 1910, mais de ces oeuvres où le concours d'un artiste propose, dans une conciliation parfois périlleuse, un contreprojet satisfaisant à la typologie banalement traditionnelle, qui "mette en jeu une nouvelle relation entre logique technique et logique spatiale". Puisque le château d'eau est vu, autant se saisir de cet "objet" pour en faire un signal, une sculpture ou une peinture tridimensionelle qui agrémente, voire embellisse, le cadre de vie journalier, et qui réagisse dans le site comme un totem ou comme une grande fontaine. Ainsi en fut-il décidé à Marne-la-Vallée, en 1971-1972, avec l'architecte Christian de Portzamparc et son "château d'eau végétal" et avec le peintre Maurice Garnier. On se souviendra également des interventions prospectives du peintre Vasarely à Dieppe et du sculpteur Philoiaos à Valence en France.

Chez nous, la première réalisation du même type a été le sujet d'un concours officiel qui fut gagné en 1979 par Mireille Goffin pour la mise en peinture du réservoir hydrophore de Bierges-lez-Wavre. Un travail analogue d'inspiration géométrique a été achevé à la fin de 1990 à Gentbrugge sur une maquette du sculpteur C. Demangel.

En bien d'autres endroits, surtout à dater des années septante et plus tôt parfois en quelques cas, des châteaux d'eau ont été reconvertis ou réhabilités en unités de logement, silos à grains, locaux de réunion, centres municipaux, salles de musée et même en piscine. Un café s'était installé dans celui du Bol d'Air à Liège - Ougrée (1938) en 1947, sous des étages dévolus à l'habitation de la famille du tenancier et, plus haut, aux installations de la RTB-Liège de 1958 à 1979...

De fait, ces espaces largement désencombrés, bien que le plus souvent contraignants par leur plan circulaire ou polygonal, totalisent une superficie-plateau qu'on aurait tort de sous-évaluer. Ils présentent à la sagacité d'éventuels clients un potentiel quelquefois d'autant plus intéressant que la bâtisse domine les alentours. Il reste que l'objection fondamentale à une appropriation confortable demeure : comment garantir la sécurité d'une source d'eau vitale pour la population des méfaits d'un irresponsable ou des erreurs involontaires d'un quidam, sans contrarier les meilleurs projets dans un ouvrage en fonction? Faut-il dès lors se résoudre à n'aménager que des châteaux d'eau "morts"? Et à quel prix? Aucun compromis n'est-il donc envisageable? Beau thème de méditation...

Une sélection raisonnée, effectuée sans nostalgie ni passéisme criticable, d'exemplaires significatifs de l'évolution morphologique du château d'eau devrait en tout cas pallier son oblitération dans l'héritage collectif du patrimoine bâti. Au total, le château d'eau a depuis plus d'un siècle contribué au bien-être quotidien d'une nation et, de surcroît, connu des réalisations qui appartiennent désormais à l'histoire de l'architecture tout court. Les protéger s'impose.